C.V. or not C.V. ?

Publié le par Christiane Lesage

Image empruntée au blog pafonddeverre

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Je vous parlais dernièrement d'un particulier qui m'avait inondée de documents pour au final, ne pas donner suite à sa demande. Aujourd'hui, je vais partager avec vous une anecdote assez singulière également mais, vous allez vous en rendre compte, dans un tout autre contexte.

Une consoeur me contacte pour me demander si j'ai suffisamment de temps pour m'occuper d'une de ses relations en difficulté, car elle-même débordée, ne peut le faire dans l'immédiat.

Elle me prévient que c'est un cas sans doute un peu difficile mais qu'elle aimerait bien qu'on puisse, dans la mesure du possible, lui apporter une aide dont elle sembe avoir grand besoin.

Je la contacte via les réseaux sociaux, me présente et lui demande en quoi je peux l'aider. Elle m'explique qu'elle a besoin de trouver rapidement du travail car sa situation est de plus en plus compliquée et qu'elle a besoin d'un C.V. et de lettres de motivation à adresser à différentes structures de son secteur.

Parallèlement, elle m'explique qu'elle a une passion de type activité manuelle qui lui prend beaucoup de temps,  qu'elle rêve de pouvoir en vivre, que ce serait le summum de la réussite pour elle. Après plusieurs heures de conversation sur deux jours, elle finit par me dire qu'elle va garder l'idée de vivre de sa passion pour plus tard car son mari estime que ce n'est pas un vrai métier et qu'elle va opter pour une demande d'emploi à la caisse de grandes surfaces et à la chaîne d'une usine proche de son domicile.

Bon, d'accord. Je lui demande de me communiquer la liste de ses références, stages, diplômes, enfin tout ce qui peut se trouver sur un C.V. et intéresser un employeur potentiel.

Et là, elle m'explique qu'en fait elle n'a fait qu'un stage dans le cadre de sa scolarité, qu'elle n'a que très très peu travaillé, de manière sporadique comme caissière, oh pardon, hôtesse de caisse parce qu'elle a un problème phobique, elle est agoraphobe. Le pavé dans la mare est lancé !

Bon, d'accord. Bin oui, je suis toujours d'accord, je n'y peux rien.  Si je résume bien, je me suis engagée à établir des lettres de motivation personnalisées en fonction des enseignes où cette jeune femme souhaite postuler ainsi qu'un curriculum-vitae sachant qu'il n'y a quasiment rien à mettre dedans. Comment rédiger une lettre de motivation pour expliquer qu'on a envie de travailler sur une chaîne dans une usine ou devenir hôtesse de caisse ? ...

Après plusieurs brouillons qui sont venus garnir ma corbeille, je finis par arrêter mon choix sur une lettre plutôt sympa, destinée à retenir l'attention. Quant au C.V., je pars sur une véritable création graphique pour remplir l'espace avec des couleurs coordonnées, plutôt toniques mais pas agressives, bref, un C.V. qui ne doit pas passé inaperçu. L'important pour moi est qu'elle soit convoquée pour un entretien, après la balle est dans son camp.

Voilà, après un après-midi de travail bien rempli, j'imprime le fruit de mes réflexions, car ma cliente n'a pas d'imprimante, je monte six dossiers différents et personnalisés, glisse le tout dans une grande enveloppe, timbre au poids final, le tout prêt à être posté dès le lendemain matin.

Je contacte la jeune femme par mail qui me remercie de mon aide. Point.

Point ? Et bien oui, rien de plus, car je n'ai jamais eu de retour et je n'ai jamais été réglée d'une facture réduite au minima. (On ne se refait pas, j'ai travaillé plus de 20 ans dans le social). Après un mois de silence, je lui ai demandé si elle ne m'avait pas oubliée. Je vous le donne en mille ! Elle m'a répondu qu'elle me règlerait si elle décrochait du boulot...

 

Publié dans Sénior et alors ?

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